DPEA
Diplôme Propre aux Ecoles d’Architecture

Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-la-Villette
144, rue de Flandre – 75019 Paris


« METROPOLES d’ASIE- PACIFIQUE »
Architecture et Système Urbain



Programme Inter-Etablissements
Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris – La Villette
Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris – Belleville
Institut Français d’Urbanisme, Paris VIII


2.1 ANTECEDENTS


La formation de 3ème cycle DPEA proposée sous l’intitulé “ Métropoles d’Asie-Pacifique : Architecture et système urbain” est issue du CEAA portant une dénomination similaire.
Forte d’une expérience de coopération d’une vingtaine d’années dans ce domaine entre trois Ecoles d’architecture parisiennes Paris - La Villette (gestionnaire du CEAA), Paris -Belleville et Paris - Villemin et avec l’Institut Français d’Urbanisme (Université de Paris 8), la formation proposée adopte la forme d’un DPEA, composante (1) du cursus 3ème cycle LMD, commun aux deux écoles de Paris, La Villette et Paris Belleville et s’inscrivant, pour l’IFU, dans le cadre d’une convention concernant l’option “ Villes et développement – expertise internationale ” postmaster “ Urbanisme et aménagement » (2).


Elle renforce ainsi les liens avec le postmaster, l’IFU et l’Université Paris VIII.
Cette articulation tripartite, par un tronc commun d’enseignement entre le DPEA, le 3ème cycle LMD et le postmaster offre également un cadre favorisant un élargissement de rapports avec les enseignements supérieurs collatéraux, DSA La Villette et Belleville ainsi que des échanges internationaux, avec les formations d’architecture étrangères.
Cette articulation anticipe, et se situe par là, dans une perspective d’un renforcement et d’un approfondissement de 3ème cycle d’enseignement d’architecture : DSA, filières doctorantes en association avec les laboratoires de recherche (particulièrement ATELAB).
Il convient cependant d’observer que cette intégration en structure élargie dans le cadre du 3ème cycle d’enseignement d’architecture a présenté des implications budgétaires importantes pour la viabilité de ce programme relatif aux Métropoles d’Asie-Pacifique :
1-renforcement de l’encadrement professoral permanent.
2-renforcement des dépenses liées à la mission “ in situ ” (atelier de terrain, et la valorisation de ses contacts internationaux et des résultats de ses travaux).
Il est aussi, par conséquent, indispensable que l’Ecole gestionnaire dispose d’une dotation pour le DPEA, actualisé et renforcé (3), par la Direction de l’Architecture.


(1) formation d’études approfondie, ouverte aux étudiants hors cursus 3ème cycle DPLG ; architectes français et étrangers, diplômés de l’enseignement supérieur équivalent, ingénieurs, urbanistes, paysagistes, etc.
(2) cf. Convention CEAA (appellation antérieure) - MAP- IFU à tacite reconduction.
(3) dotation de la DAU 200 000 francs (fonctionnements + vacations) pour le CEAA MAP depuis sa première habilitation 1988, non actualisée.



2.2 IDENTIFICATION DE LA FORMATION : PRINCIPE ET OBJET


Cette formation relative aux Métropoles d’Asie Pacifique repose sur les mêmes fondements que le CEAA dont elle est issue, à savoir :
- l’identification de l’aire “ Aire-Pacifique ” comme entité distincte remarquable, se fonde sur le constat d’une convergence entre une dynamique de développement reconnue comme phénomène significatif de l’époque contemporaine et des processus voisins de transformation urbaine sur des arrière-plans historiques et culturels distincts.
- la formation conduit à la reconnaissance d’une spécificité de l’aire géographique comprenant l’Asie du Sud-Est et l’Extrême-Orient, en regard des champs culturels réunis dans le cadre de la formation d’origine.
- le thème central de la formation s’attache donc à l’étude des phénomènes de développement des métropoles en processus accéléré dans leurs dimensions architecturales et urbanistiques.
- l’intérêt d’une formation à l’intervention architecturale et urbaine dans des contextes de développement économique et urbain accéléré (y compris sous l’angle des effets de crise auxquels ceux-ci s’exposent);
- la nécessité, à cet effet, d’appréhender la spécificité de la production et des pratiques architecturales et urbaines dans l’aire concernée, tant sur le plan des éléments de structuration de l’espace et des modes d’habiter que sur le plan de leur dynamique de transformation.


Le programme MAP situe donc l’approche de l’intervention spécialisée et singulièrement du projet - au croisement, d’une part, de l’architecture et de l’urbanisme, de l’histoire, de l’anthropologie et de l’économie, d’autre part.


La formation retient l’importance de l’approche “ in situ ”, comme une condition déterminante de la compréhension des phénomènes et de la conception des formes d’intervention.
Le travail d’atelier (analyse et projet) constitue, à cet égard, le pivot de la formation:
- en tant que lieu d’ajustement des savoirs acquis antérieurement;
- en tant que lieu de mise en application et de vérification des connaissances acquises dans le cadre des enseignements théoriques (séminaire) et relatifs aux démarches opérationnelles. Le travail de terrain figure, de ce fait, comme un élément majeur du cursus : au titre du recueil de données, de la vérification des hypothèses de diagnostic, de la définition des projets d’intervention.


2.3 OBJECTIFS DE LA FORMATION


- la formation des architectes, urbanistes et opérateurs du cadre bâti à la coopération scientifique, technique et opérationnelle, aptes à intégrer la fluctuation des variables dans leur action, à faire évoluer les modes d’intervention.
- la formation à la recherche appliquée visant à élargir le champ des références théoriques et pratiques de l’architecture et de l’urbanisme relevant d’un mode spécifique d’élaboration propre à la région concernée. (la mise en place envisagée, à terme, d’une formation inscrite dans une filière universitaire).
L’association de l’université partenaire locale au programme d’enseignement de la formation, (4), (notamment autour des travaux de terrain et du projet de simulation) s’est avérée fructueuse tant sur le plan opérationnel qu’au niveau théorique-problématique. Le cadre institutionnel établi (conventions, accords) (5) devra être élargi avec les autres universités des villes intéressées au DPEA. (6)
De même, le programme s’attachera à renforcer le réseau de contacts et d’échanges avec les acteurs de la coopération et de l’exportation française, d’une part pour articuler la formation avec la réalité économique, d’autre part pour assurer le cadre à des stages de terrain et multiplier les débouchés offerts aux diplômés.
C’est ainsi qu’ont été organisées régulièrement des manifestations avec les collaborateurs économiques et professionnels à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris : Construire en Chine, Reconstruire le Cambodge.
Dans le même but ; seront développés les contacts avec les institutions, organismes, agences et bureaux d’études des pays concernés (7).


(4) Atelier Séoul en 86, 87, atelier Thaïlande en 90, 91, atelier Phnom-Penh de 92 à 94.
Hanoi en 95, 96, 2000, Vientiane en 1998, 1999, Hong-Kong en 2002, 2003, Bangkok en 2004, 2005.
(5) Conventions ou accords de coopérations établis par des établissements associés au CEAA : Université Qinghua - Pékin, Université Tongji : Shangai (Chine), Université Yonsei - Séoul (Corée) , Université Chulalongkorn - Bangkok (Thaïlande) et Université de Kyoto (Japon).
(6) Etablissements associés et partenaires internationaux.
(7) Voir p.8 Stage post-cursus, p.l4 Séminaires et conférences B2, B3.



2.4 REFERENTS SCIENTIFIQUES ET PEDAGOGIQUES


Asie-Pacifique
Le périmètre retenu dans la définition de l’entité "Asie-Pacifique", proposée par l’étude ne relève pas de la géographie physique.
Elle procède d’un constat de correspondance ou "superposition" de deux espaces historiques.
- aire de la "tradition architecturale et urbaine" d’Extrême-Orient,
- espace contemporain d’une dynamique économique et sociale exceptionnelle qui se manifeste, depuis quelques décennies, par l’évolution des structures du cadre de vie des pays de la façade Pacifique d’Asie (Japon, Corée, Chine, pays d’Indochine, Thaïlande).
La reconnaissance de ce fait, sa prise en compte comme phénomène porteur de nouvelles significations architecturales et urbanistiques constitue le fondement de la formation dans ses objectifs théoriques et méthodologiques.


Référents scientifiques et coopérationnel
En première analyse cette superposition d’une "tradition" et d’une "dynamique" récente, fait apparaître un ensemble non exhaustif de facteurs et opérateurs de nature hétérogène, d’origines diverses, constitutifs d’un contexte spécifique de la région:
- Fonds d’un héritage millénaire commun de savoirs et de pratiques architecturales et urbaines, avec leurs élaborations régionales.
- Influence - assimilation des concepts, des théories et des modèles occidentaux.
- Autonomie sur le plan des maîtrises techniques et financières, des capacités organisationnelles et conceptuelles, en regard de la demande architecturale et urbanistique.
Ces facteurs et opérateurs, avec leurs jeux interférentiels, sollicités par les exigences d’une dynamique économique, d’une mobilité démographique, et d’une mutation sociologique de grande ampleur suscitent les conditions propres à des expériences significatives.
L’importance de ces expériences permet d’observer l’émergence de nouveaux comportements, concepts et pratiques liés à des formes architecturales et urbaines originales (8).


(8) Voir texte de référence “ Espaces Hybrides ” ou encore CAHIERS HANOI, IPRAUS 2001


Ainsi ce "grand chantier", ce laboratoire aux dimensions exceptionnelles opérant à l’échelle de "temps raccourcis" se présente au regard des objectifs de la formation, comme un nouveau potentiel de coopération et d’étude pour l’élargissement des champs du savoir architectural et urbanistique.
Le double objectif retenu : formation opérationnelle et initiation à la recherche, centré sur les phénomènes architecturaux et urbanistiques de l’aire d’Asie-Pacifique, avec un enseignement préalable "informateur", définit comme cadre d’investigation prioritaire les zones urbaines en développement rapide et privilégie les “faits” architecturaux et urbanistiques aux "formes finales".


Problématique, approche méthodologique
En effet, le constat de ressemblance architecturale des "grands ensembles" de Séoul et de Beijing nous avance peu pour l’identification et la qualification des cas respectifs, que seule la
mise en relativité contextuelle autorise.
C’est ainsi que prennent alors tout leur sens les typologies observées localement : les immeubles d’habitation à cours des villes chinoises, les réinvestissements des bâtis et espaces urbains des "concessions" à Shanghaï les compartiments chinois dans les villes d’Asie du Sud-Est, l’opération du Slum Klong Toey à Bangkok, les "souks industriels", l’opération d’auto-restructuration du "Village de la Libération" avec leurs maisons multifamiliales ou les "super-blocks" à tissu traditionnel de la rive Sud à Séoul, les grands immeubles à "ruelles" intérieures, l’imbrication des tissus traditionnels et du grand bâti tertiaire dans les grandes villes japonaises...
Ces quelques échantillons plus significatifs, dont certains furent étudiés par des équipes intervenant dans la formation (9), nous font vérifier l’intérêt de l’émergence de cas, parfois isolés mais porteurs d’une adéquation, à côté d’opérations plus représentatives en terme quantitatif, du développement urbain accéléré.


(9) "Transformation de l’habitat à Shanghaï" (Recherche Plan Construction - IFA, P. Clément), les études menées par C. GOLDBLUM sur "le compartiment chinois" en Asie du Sud-Est, opération auto-restructuration du "Village de la Libération" à Séoul, études menées en 86-87 par l’équipe "Espaces Hybrides" de I’E.A.P.L.V.


En deuxième analyse ces échantillons nous fournissent des compléments de repères à l’approche méthodologique:
- dimension d’interactivité architecture-urbanisme,
- instabilité du rôle et des prérogatives respectifs des "intervenants" et des "intéressés",
variabilité des phasages et de la chronologie des opérations,
- relativité du clivage maître d'oeuvre - maître d’ouvrage,
- sens de "l’emprunt", "l’assimilation" ou "l’hybridation" dans la perspective architecurale et urbaine.
La reconnaissance de cette dimension de problématique implique:
- l’élaboration d’un nouveau mode de coopération, apte à intégrer des variables contextuelles et protocolaires du lieu spécifique.
- le renouvellement constant par des terrains nouveaux de coopération, avec une appréciation pertinente des complémentarités de partenariat.


2.5 DEBOUCHES ENVISAGES


1. Architecte, urbaniste pour des projets de coopération scientifique technique ou
opérationnelle sur les aires géographiques concernées par la formation;
- auprès des organismes français, internationaux ou locaux intervenants,
- dans des entreprises exportatrices françaises de divers profils,
- architecte, urbaniste partenaire de professionnels des pays intéressés par la formation.
2. Prolongement dans les domaines de la formation théorique et de la recherche appliquée
Aujourd’hui, accord de prolongement dans le cadre du post-master Urbanisme, Aménagement et Développement avec l’I.F.U. - Paris VIII ; possibilité d’accès aux DSA ENSAPLV et ENSAPB.
- D.E.S.S., D.E.A., Doctorat
- participation aux recherches théoriques et appliquées des formations associées : laboratoires de recherche IPRAUS (ENSAPB - Paris X - CNRS), ATELAB (ENSAPLV - ARIAM), TMU (IFU - Paris VIII).


Stage post-cursus:
Organisation de stages pour assurer les suites escomptées de la formation et faciliter les débouchés envisagés.
Deux formes de stage :
1. Stage professionnel
- dans des organismes et entreprises publics ou privés français participant à divers titres aux programmes/projets de coopération,
- dans leurs correspondants locaux des pays intéressés par la formation,
- ATELAB ENSAPLV (Recherche et Développement - Systèmes Urbains)
2. Stage coopération-recherche
- dans les universités partenaires de la formation et les instituts de recherche des pays correspondants.


2.6 EQUIPE ENSEIGNANTE


Le noyau de l’équipe enseignante est composé d’enseignants disposant à la fois d’une expérience pédagogique dans l’enseignement de l’architecture et de l’urbanisme et d’une connaissance théorique et pratique des approches architecturales et urbaines relatives à l’aire Asie-Pacifique. Ces enseignants représentant chacun des Etablissements concernés par ce cursus commun (Y.H. SHIN, C. PEDELAHORE, J.-M. COGET, P. BLANDIN : Ecole d’Architecture de Paris - La Villette; P. CLEMENT, N. LANCRET, L. ZHANG : Ecole d’Architecture de Paris-Belleville; J.J. DUPUY : Ecole d’Architecture de Paris -Versaille; Ch. GOLDBLUM : Institut Français d’Urbanisme), leur participation n’est évidemment pas exclusive de leur contribution à d’autres formations de 3ème cycle spécifiques à leur Etablissement de tutelle.
Intervenants extérieurs : C. TAILLARD (CNRS, Géographie), C. BLANCOT, A-M. BOURLON (APUR), F. LEGRAND, D. PICARD (V.P), M. VILLARD (LYDEC), X. JAUPITRE (professeur honoraire)


2.7 PARTENARIATS


LABORATOIRES :
- Laboratoire Théorie des mutations urbaines (TMU), UMR 7543
- Institut parisien de recherche, architecture, urbanistique, société (IPRAUS), UMR 7543
- ATELAB - Recherche et Développement –Systèmes Urbains (ENSAPLV)
- Laboratoire Asie du Sud-Est et mondes austronésiens (LASEMA), UPR 297
- Laboratoire ARCHIPEL, URA 1074
- Réseau “Métropoles d'Asie-Pacifique : urbanisme et architecture comparés”


PARTENAIRES SCIENTIFIQUES ET UNIVERSITAIRES (France) :
- Ecole d'Architecture et du Paysage de Bordeaux
- Ecole d'Architecture de Versailles
- Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)


PARTENAIRES SCIENTIFIQUES ET UNIVERSITAIRES (Asie) :
Cambodge :
- Faculté d'Architecture de Phnom Penh
- Bureau des Affaires urbaines de Phnom Penh
Chine :
- Université de technologie de la Chine de Sud de Canton
- Chinese University of Hong Kong
- Université Qinghua de Pékin
- Université Tongji de Shanghai
Corée :
- Université Yonsei de Séoul
Indonésie :
- Université Udayna - Faculté d'Architecture de Denpasar
- Université Petra de Surabaya
Laos :
- Institut de Recherche urbaine de Vientiane
- Atelier du Patrimoine de Vientiane
Singapour :
- Faculté d'Architecture NUS
- Nanyang Technological University - Département de géographie
Thaïlande :
- Université Chulalongkorn à Bangkok
- Université de Kaset Sart à Bangkok
Vietnam :
- Université d'Architecture de Hanoi
- Faculté d’Architecture. Ecole Supérieure de Construction. Hanoi.
- Ecole supérieure d'Architecture de Ho Chi Minh-Ville.


Architecture des Villes d’Asie
Pierre CLEMENT
Christian PEDELAHORE


Eléments Traditionnels Urbains et Architecturaux d’Extrême-Orient
Robert Cheffer


Outils Opérationnels d’Aménagement Urbain
Y. H. SHIN - Philippe BLANDIN